Projet d’aménagement de la place du village :
démolition de l’ancienne école et construction d’une salle multi-activités

Pourquoi démolir cet ancien bâtiment, construit certainement à cet endroit pour conforter les murs du chœur de l’église et engager des travaux conséquents et coûteux… pour avoir au final une surface disponible bien inférieure à ce qui existe aujourd’hui ?







Chronologie du projet :


  1. -2013 : dans une consultation sur des avant-projets d’aménagement de la place présentés

par la municipalité, en plus de l’association patrimoniale de la commune, les Venonais s’expriment très majoritairement contre la démolition du bâtiment contigu à l’église et pour la réhabilitation de ce bâtiment.

Mais, dans le décompte des voix de la consultation, Madame la Maire ne compte pas et n’évoque même jamais l’avis en faveur de la réhabilitation déposé par 70 personnes dans une pétition insérée dans le cahier de consultation.


- 28 avril 2015 : néanmoins, le Conseil municipal vote la démolition du bâtiment.
Sans savoir ce que l’on fera à la place ni bien sûr ce que cela va coûter…


  1. -16 décembre 2015 : réunion avec les associations venonaises.

Pour connaître leurs besoins et désirs.

Les besoins ne sont pas listés. Aucun compte-rendu de la réunion.

Actuellement, les locaux mis à la disposition des associations sont insuffisants.

Les besoins sont importants et ne peuvent que croître.


  1. -Fin 2015 : étude comparative réalisée par l’association sur les potentiels en terme de m2 de surface utile de l’option «reconstruction sur un seul niveau d’une salle multi-activités» et l’option «réhabilitation des 2 niveaux existants». Cette étude met en évidence l’intérêt de la réhabilitation.

Etude remise à Madame le Maire, au 1er adjoint et au CAUE.

Aucune réponse.

Le document n’est même pas transmis aux  Conseillers.


  1. -2016 : le projet est engagé comme Madame le Maire le souhaitait en 2013, sans que des solutions alternatives soient étudiées et les coûts comparés.

Un cabinet d’architecture est retenu.

Objet : «mission de maîtrise d’œuvre pour la démolition de l’ancienne école, la construction de salle multi-activités, la mise aux normes d’accessibilité et la réorganisation du bâtiment mairie, de leurs abords et la requalification des espaces publics attenants».
Notons toujours, entre autres que, dans le cahier des charges qu’on nous a communiqué, les besoins ne sont pas listés avec les surfaces nécessaires correspondantes.


La seule association patrimoniale de Venon est tenue à l’écart du projet, elle n’a pas participé à l’élaboration du cahier des charges et n’a pas été sollicitée pour participer aux divers comités de suivi du projet.


  1. -mai 2017 : Nous ne sommes toujours pas informés de la teneur du projet, Madame le Maire ne souhaitant toujours pas que notre association patrimoniale participe aux réunions.


La démolition du bâtiment accolé à l’église est toujours d’actualité, puisqu’en 2017,  dans l’inventaire du patrimoine envoyé à la METRO dans le cadre de l’élaboration du PLUI de l’agglomération, Madame le Maire a enlevé ce bâtiment du fichier remis par la commission chargé de ce travail dont notre association faisait partie ! (Voir article complet dans la rubrique «Paysage : une préoccupation constante»)


Comment peut-on être cohérent dans un souci de préservation du patrimoine, quand on décide de démolir un bâtiment du 17ème siècle, reporté sur le cadastre napoléonien et chargé d’histoire ?




Histoire du bâtiment et de la place



Le bâtiment qui serait démoli se trouve sur l’espace occupé au Moyen-Age par la résidence de l’Évêque de Grenoble qui, selon les textes d’archives retrouvés, était «jouxtant» l’église.

La résidence de l’Évêque a disparu, un pan de mur en brique sur un bâtiment voisin en est peut-être le témoin…

On ne connait pas la date exacte de la construction du bâtiment actuel qui est accolé à l’église mais, il est sûr qu’il a été construit entre 1672 et 1696.

On peut légitimement penser qu’il a été construit pour conforter le mur du chœur qui était très fissuré puisqu’en 1672, l’Evêque ordonne de faire «deux arcs boutants au dehors pour soutenir le sanctuaire qui s’entrouve».


Après la révolution et la confiscation des Biens d’Eglise qui s’en est suivie, le bâtiment a été vendu le 21 mars 1791 à Grenoble à Jacques Victor Girard.

En 1811, il est revendu à François-Joseph Girard (notaire Trembley) avec droit de préemption à la commune au cas où il revendrait le bien.
- En 1817, François-Joseph Girard décide de vendre et propose la «maison curiale» à la commune. Mais la commune renonce à son droit de préemption.
C’est Etienne Faure qui le rachète vers 1818.
- En 1841, la commune le rachète enfin à la veuve Faure (veuve d’Etienne Faure) et à sa fille, Adélaïde pour y loger le prêtre. Ce bâtiment est resté le presbytère jusqu’en 1858.

En 1865, après la construction d’un nouveau presbytère sur la place (aujourd’hui occupé par la Mairie), le bâtiment a été transformé pour accueillir l’école et la mairie puis beaucoup plus tard la cantine de l’école et un local associatif


Une photo prise au début des années 1900 représente le bâtiment accolé à l’église.
Il a depuis subi des aménagements : la longueur du bâtiment a été réduite, le dernier volume du bâtiment avec un décrochement de toiture ayant été supprimé.
La toiture a été refaite il y a une vingtaine d’années par la municipalité Bolliet ; la grande salle du bas a été réaménagée (isolation thermique, réfection des sols et plafonds) par la municipalité Chapuis avant qu’une nouvelle cantine soit intégrée au bâtiment construit à côté de l’école sous le mandat Valignat.


Ci-dessus photo du site prise vers 1900 et une autre prise un peu plus d’un siècle plus tard
sous le même angle de vue.


Cette place, «église, mairie et école» comme dans beaucoup de places de villages de France, représente avec ses trois bâtiments le cœur du village ; elle est le témoin de toute une vie passée.
Démolir pour reconstruire un nouveau bâtiment plus petit à seulement 3 ou 4 mètres du bâtiment existant (nous ne pouvons encore présager ce que sera précisément le projet) nous parait incompréhensible.




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Avec l’église, la mairie
et ce qui fut l’école,
la place du village forme
une entité.
Tous ces bâtiments représentent le cœur du village et sont les témoins
du passé.

Cadastre napoléonien,
extrait du plan parcellaire de 1808.
Accolé à l’église figure tout un ensemble de bâtiments.

L’église avant sa transformation
en 1856

Une comparaison éloquente en terme de surfaces utiles
entre réhabilitation
et reconstruction
d’une salle multi-activités

(suivant les éléments qui nous ont été donnés pour l’option démolition-reconstruction, nous ne pouvons encore présager ce que sera précisément le projet)

 

Les besoins en salles

des associations


La vie associative à Venon est intense, riche en terme d’enrichissement personnel et de lien social.

Mais les petites salles dévolues au départ aux associations à l’étage du bâtiment communal près de l’école ne sont plus suffisantes et en plus, elles ne sont quasiment plus utilisables par les associations :

- l’école de musique aurait besoin d’une salle insonorisée permettant aux autres associations de faire des réunions en fin de journée et le soir dans la salle de réunion contigüe,

Nous sommes souvent obligés maintenant de nous réunir à nos domiciles…

- dans la journée, cette même salle de réunion est occupée pour les TAP qui n’existaient pas au temps de la création du bâtiment.

- Les cours d’anglais, les cours de dessin pour enfants et pour adultes se font dans le bâtiment qu’on veut démolir.

Comment imaginer que dans une seule même salle «multi-activités», on puisse y installer des services municipaux, y faire des réunions municipales, des réunions d’associations, y installer une bibliothèque, y organiser des cours de dessin ou d’anglais, des fêtes et des mariages ?


Les besoins en salles sont importants et ne peuvent que croître dans l’avenir…

Une réhabilitation-extension permettrait de faire une vraie maison des associations.