Préservation et restauration des chemins et sentiers communaux

Avec la diminution du nombre des agriculteurs, avec l'évolution du mode de vie, la plupart des chemins traversant nos prés et nos forêts perdent peu à peu leur fonction utilitaire : on ne les emprunte plus à pied pour se rendre dans le hameau voisin, on les parcourt de moins en moins pour aller couper son bois de chauffage, pour aller exploiter ses châtaigniers… Plus entretenus, plus parcourus régulièrement, ils sont peu à peu envahis par la végétation. Sensibles à l'érosion ou au contraire à l'alluvionnement, ils disparaissent progressivement.

Heureusement l'apparition d'une société de loisirs aide aujourd'hui à limiter la disparition de ces chemins qui acquièrent ainsi une fonction ludique et sportive et c'est tout un patrimoine vicinal sensible que l'on redécouvre aujourd'hui en menant des actions de sauvegarde.

Dès sa création, notre association s'est préoccupée des sentiers de Venon et pendant de nombreuses années, leur entretien a été assuré bénévolement par nos adhérents qui partaient chaque année arpenter les chemins avec faux, serpettes et sécateurs. Bien que réalisé dans la bonne humeur, c'était un travail extrêmement pénible, fait avec peu de moyens et qui demandait un investissement en temps très important.


C'est pourquoi nous avons engagé à l’époque avec la municipalité de Venon, avec celle de Saint Martin d'Uriage qui partageait les mêmes préoccupations, une réflexion qui a abouti, au bout dune année entière de travail, à la labellisation des principaux chemins de Venon par le Conseil Général.


Nous pouvons dire que Venon, Paysage et Patrimoine, la municipalité de Venon sous le mandat de Bernard Chapuis et la municipalité de Saint Martin d’Uriage ont été, par leur travail, à l’origine de la prise de conscience de l’intérêt patrimonial des sentiers par le département et de leur protection par le biais du PDIPR.

Depuis l'adhésion de Venon à la METRO (premier mandat de Madame Gerbier), la gestion des sentiers est de la compétence de cette nouvelle communauté. Elle est confiée au SIPAVAG et depuis son premier mandat, Madame Gerbier n’a plus souhaité la participation de notre association.


Venon, Paysage et Patrimoine reste malgré tout vigilante.

Notons, par exemple,

- que les cunettes des sentiers de Venon semblent n’avoir pas été dégagées depuis longtemps puisqu’elles ont presque complèrtement disparu. Les cunettes avaient été crées pour favoriser l’écoulement des eaux;

- que le départ de la boucle de Panama au col de Pressembois est toujours fermé par une cloture électrique l’été, impraticable été comme hiver sans bottes hautes et en tout cas par les enfants, à cause des écoulements et du piétinement des vaches qui rendent le passage très meuble et boueux..

Cela est inadmissible alors qu’un aménagement avait été conçu et payé par une ancienne municipalité et la communauté de communes d’alors, qu’il préservait l’activité agricole tout en assurant le passage des piétons.

Cet aménagement a été démonté unilatéralement par les agriculteurs voisins au détriment de la propriété communale, des engagements PDIPR de la commune et donc des promeneurs;

- qu’un nouveau problème a surgi progressivement ces dernières années avec l’éboulement d’une portion du chemin des Combasses. Nous espérons qu’une solution sera trouvée avant que cette liaison (très ancienne, voir ci-contre) entre Venon et Saint Martin d’Uriage ne soit coupée.


Le chemin de Panama, un chemin fraîcheur pour l’été…
Le chemin des Combasses, bifurcation avec le chemin de Champ Rôtî


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Pour la petite histoire…


La liaison Gières - Uriage par Venon :

Dans un passé lointain, la combe du Sonnant était impraticable et l’accès à Uriage depuis Gières ne pouvait se faire par le bas en longeant le Sonnant, itinéraire actuel de la départementale. L’accès se faisait par Venon, en empruntant l’actuel chemin des Combasses.

Après la révolution de 1789, c'est dans le premier registre de délibérations qui s'ouvre à Venon le 12 floréal de l’an 8 (avril 1800) qu’apparaît pour la première fois la problème de la liaison entre Saint Martin d’Uriage et Venon. Le premier plan des chemins de Venon retrouvé date de 1882.


La légende de "Fontaine bénite"

Selon les "anciens de Venon", des processions étaient autrefois organisées au lieu-dit de "Fontaine bénite" (sur le chemin du même nom) pour demander la pluie à Dieu.

Extrait de l’interview de Madame Coquet sur Radio Venon par Nicolas Mathias - février 1982 :
"Anciennement les gens étaient très croyants. Quand il y avait une sécheresse par exemple, et bien, au lieu de demander au gouvernement, ils demandaient en haut, aux Saints du Paradis. On faisait appel à la providence.
Une année de grosse sécheresse, le Curé avait décidé de faire quelque chose - parce qu’ici il y avait des sécheresses de temps en temps -. On avait dit : "on ira à la croix du Fréney". C’est là où il y avait le tir aux pigeons. Il y avait une croix dans un buisson d’épines - je l’ai même encore vue cette croix là -.
Alors on avait fait une cérémonie à l’église. On avait déjà bien chanté et puis, croix et bannières en tête, le Curé, les enfants de chœur, tout le monde s’est ébranlé et on est allé en cortège, en procession à Fontaine Bénite de l’autre côté de Pressembois, un trou de source qui coulait dans le talus - à Fontaine Bénite, l’eau est très fraîche l’été -.
Alors chacun avait pris son récipient, ce qu’on appelait en ce temps là un "olon", une petite cruche avec des anses, une anse dessus, 2 poignées et un bec verseur, et chacun devait remplir son olon à la Fonaine Bénite et puis on avait entrepris la grimpette du pré - c’est chez nous d’ailleurs - et on avait coltiné en chantant les litanies et je ne sais quoi, parce que ce n’était pas silencieux, on invoquait les Saints du Paradis, comme les rogations et puis une fois en haut, à la croix, le prêtre avait béni la croix et tous les horizons, on avait chanté et puis chacun avoir vidé son olon au pied de la croix et puis on était revenu et je crois même qu’il avait plu après."

Des idées de balade à Venon :

La boucle de Panama

La boucle des Cochettes